Mais quelle a été la différence? Le contexte ? La simplicité ? ou simplement ce petit rien qui faisait tout ?
Oui, ce rien qui me donnait envie d'exister pour lui... ce rien qui m'a donné la force de croire à l'irréel. C'est étrange comme ce qui devrait être le moins important, voir insignifiant réussit à me griser ainsi, à me retourner dans ma vie.
Je reste là assise à regarder devant moi.... je pense à ce rien, ce rien qui m'a envahit entièrement, ce rien qui m'a prise toute entière. Je pensais m'être déjà donnée, avoir eu l'occasion de me laisser envahir par le plaisir et l'abandon, mais il n'en était rien... et je l'ai découvert au détour de ce moment éphémère... qu'il est bon ce rien.... qu'il est cruel aussi de m'avoir effleuré, enivré avec une telle force pour me laisser ainsi retomber dans la réalité, comme jeter par dessus l'arc-en-ciel où il m'avait attiré...
Je te hais, je t'aime, je t'envie, je t'explore encore .... je te cherche .... je t'espère en sachant que tu as déjà disparu ....
Tu m'avais pourtant prévenu, mais je n'avais pas compris.... ou si, mais il était déjà trop tard...
Tu m'avais pourtant prévenu, les Dieux nous envient l'éphémère .... je le comprend maintenant, mais je te corrige, ce n'est pas l'éphémère qu'ils nous envient, mais la force et l'enivrement que celà provoque... ils sont chanceux de ne pas souffrir de celà, tu ne crois pas ? .... Bien sûr que non tu ne le crois pas, car la souffrance est une sorte de plaisir propre à l'Homme...
Je reste là assise à regarder devant moi,.... j'attends de savoir si ce rien, si ton rien me reviendra un jour.... et la fumée s'envole pour me rappeler qu'attendre .... c'est comme mourir un peu plus vite....

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