mardi 28 décembre 2010

Mes rêves ont donc fait pousser leurs ailes...


Où sont-ils passé ? Vers où mon regard se porte-t-il ? Et mes pensées, sont-elles encore miennes ?
Je regarde ce reflet qui m'est étranger. Où suis-je ? Qui suis-je ? Qui suis-je devenue sous ces traits froids et durs ?
Est-ce donc ainsi ? Mais quand cela a-t-il eu lieu ? Quand tout cela a-t-il pris fin?

Une envolée de mes souvenirs, le départ de mon courage, la fuite de mes rêves et de mes ambitions, comme si cela n'avait jamais existé. Comme si je n'avais jamais existé. Après tout, je suis cette autre qui me fixe, alors pourquoi aurai-je garder mon âme ?

Est-ce ce passage de ma vie à une autre qui me brûle et me consume ? Non, je ne me consume plus, je ne suis bientôt qu'une coquille vide qui se débat pour se faire une place parmi ces autres coquilles. Ce n'est pas moi, ce n'est plus moi. Mon enfance a-t-elle donc si peu de valeur pour que je la balance ainsi aujourd'hui ?

Je n'ai plus de rêve, à peine la force de respirer encore à la vie. La flamme s'éteint, je ne sais plus. Ai-je déjà su ?

J'aimais tellement la vie. J'aimais m'émerveiller d'un oiseau qui passe, d'un chat qui saute, d'une fleur qui brille au soleil, de cette force qui me venait sur scène, de cette joie dans un public, de ce petit sourire si particulier lorsqu'un acteur aime sa réplique. J'aimais rire, j'aimais apprendre, j'aimais comprendre, j'aimais envisager, imaginer, deviner, découvrir, explorer, voyager, jouer ... J'aimais juste vivre et j'aimais aimer... Et maintenant ?

Mon seul but est-il d'entendre ce foutu réveil, de prendre ce foutu métro, de sourire en arrivant dans cette foutue tour ?
Comment me suis-je mise à aimer ça ? Par quel miracle j'ai pu transformer le sens d'"aimer" qui était pleine d'une multitude de choses, de force, de tout... par cette vague sensation qui est de ne pas avoir envie de vomir. Comment puis-je me contenter de ça ? Car il s'agit bien uniquement d'un ça... rien de plus, si ce n'est moins.

Et l'amour ? Comment puis-je ainsi le renier ? Comment ces scènes qui me touchaient, me faisaient rêver, m'inspiraient et me donner envie pour un futur... comment tout cela a-t-il disparu de mes possibles ? Comment ai-je fais pour n'y voir que noirceur et dégoût ? Un dégoût qui transparait dans ma chair, dans mon organisme lui-même et l'intoxique?
L'amour... l'humour noir d'un dieu qui n'en a pas eu à loisir?

Et demain encore le même visage s'inscrira dans la glace, le même parcours, le même discours, le même engouement que je ferais naitre pour ne pas périr. Toute la question est là... périr ou s'accrocher ainsi à l'inutilité permanente et à cette abrutissement.

Faut-il apprendre à aimer ce qui m'est maintenant proposé ou dois-je me battre encore pour espérer ... espérer ... espérer vivre en étant moi?

Moi ... cela a-t-il encore un sens ? ...